La Non-violence

01/02/2020

"Il est déjà noble de défendre son bien, son honneur et sa religion à la pointe de l'épée. Il est plus noble encore de les défendre sans chercher à faire du mal au malfaiteur. Mais, il est vil, contraire à sa nature et déshonorant, pour sauver sa peau, d'abandonner son poste à la merci du malfaiteur. Je vois comment je peux prêcher la non-violence à ceux qui savent mourir; à ceux qui ont peur de la mort, je ne peux." 

La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper; c'est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance.

La vengeance reste sans doute supérieure à la soumission passive, efféminée, impuissante, mais la vengeance aussi est faiblesse. Car le désir de vengeance naît de la crainte. Celui qui ne craint nul homme trouverait pénible de devoir se mettre en allié contre quelqu'un qui essaiera en vain de lui faire du mal. 

Le non-violent est sûr de la victoire, pourvu qu'en lui, il ait vaincu la peur.

"Il ne s'agit pas pour le non-violent d'échapper aux effets de la violence, mais de résister à la violence sans violence et de vaincre. Son problème est le suivant: comment combattre la violence, sans nuire au violent.

Ce n'est pas l'ennemi que vous avez à combattre, mais l'erreur de l'ennemi: l'erreur que commet votre prochain, lorsqu'il lui arrive de se croire votre ennemi. Faites-vous l'allié de votre ennemi contre son erreur. 

L'inimitié est un effet de l'ignorance, car entre tout homme et tout autre, le lien fraternel subsiste, que celui qui pratique l'inimitié oublie." 

C'est au non-violent de le lui rappeler. Ce lien que l'autre oubliait parce qu'il ne pensait qu'à soi, vous ne pouvez le lui rappeler que par l'oubli de vous-même.

"Je trompe l'attente du tyran et son arme tombe dans le vide, ce qui l'étonne. Il s'étonne d'avantage de rencontrer en moi une résistance de l'âme qui échappe à son étreinte. Cette résistance d'abord l'aveugle et il ne manquera pas de redoubler de colère à mon égard et puis elle l'obligera à s'incliner et le fait de s'incliner lui-même n'humiliera pas l'agresseur mais l'élèvera." 

Tout feu est simulacre de combat et tout combat est feu. Le va et vient de l'attaque et de la défense produit une excitation, qui chez le joueur, se manifeste comme plaisir, chez le combattant comme colère, fureur, acharnement, soif de sang et de dévastation.

"Si je vous soufflette la joue droite et que vous me répondiez par un soufflet le pacte de lutte est conclu du même coup. A nous deux maintenant mais si vous me tendiez la joue gauche et me dicte : "Je vous permets de frapper aussi bien celle-ci mon ami". Je prendrais volontiers cette peine pour vous faire entendre que vous avez tort ! Les bras m'en tombent. "

Extraits de la Doctrine de la Non Violence du Mahatma Gandhi