Le Contrôle du souffle

28/02/2018

Swami Vishnudevananda sur son avion
Swami Vishnudevananda sur son avion

La posture

Le premier pas important est la maîtrise de l'asana ou posture, c'est à dire le contrôle du corps. 

Vient ensuite le pranayama, c'est à dire le contrôle du souffle.

Une posture correcte est indispensable pour obtenir un bon résultat dans la pratique du pranayama. 

Posture parfaite pour le pranayama
Posture parfaite pour le pranayama

C'est une posture que l'on peut tenir sans douleur le plus longtemps possible.

La poitrine, le cou et la tête doivent être sur le même alignement vertical. Ne vous penchez ni en avant ni de côté, à gauche ou à droite. Ne faîtes pas le dos rond. Ne permettez pas au corps de s'affaisser. Ne vous penchez ni en avant ni en arrière.

Par une pratique régulière, vous parviendrez naturellement à maîtriser la posture. N'attendez pas d'avoir maîtrisé votre posture pour pratiquer le pranayama. Pratiquez votre asana (posture assise confortable) et, en même temps, pratiquez le pranayama. Avec le temps, vous acquerrez la maîtrise sur les deux à la fois. On peut également pratiquer le pranayama en restant assis droit sur une chaise. 

Principes

Le pranayama est le contrôle du prana et des forces vitales du corps. C'est la régulation du souffle : l'étape la plus importante. Le but du pranayama est le contrôle du prana. Le pranayama commence par la régulation du souffle afin de pouvoir contrôler les courants vitaux ou forces vitales circulant dans le corps. En d'autres termes, le pranayama est le contrôle parfait des courants vitaux par le contrôle du souffle. Le souffle est une manifestation externe du prana grossier. On doit prendre l'habitude de respirer correctement en pratiquant le pranayama de façon régulière.

Si vous contrôlez le prana, vous pouvez contrôler complètement les forces de l'univers : mentales et physiques. Le yogi peut aussi contrôler l'omniprésente puissance dont sont issues toutes les énergies, que ce soit magnétisme, électricité, gravitation, cohésion, courants nerveux, forces vitales ou vibrations de la pensée... C'est-à-dire toutes les forces de l'univers, sans exception, physiques et mentales.

Celui qui contrôle le souffle ou le prana, contrôle aussi son mental. Celui qui est parvenu à contrôler son mental, contrôle aussi son souffle. Si l'un des deux est bloqué, l'autre aussi se bloque. Si le mental et le prana sont contrôlés, l'adepte se libère de la roue des naissances et des morts. Il atteint l'immortalité. Il existe un lien intime entre le mental, le prana et la semence. 

Celui qui contrôle son énergie sexuelle, contrôle aussi son mental et son prana. Celui qui a réussi à contrôler son énergie sexuelle aura contrôlé son mental et son prana. 

L'adepte qui pratique le pranayama, aura bon appétit. Il sera d'humeur joyeuse. Il aura une silhouette agréable, de la force, du courage, de l'enthousiasme, une santé au-dessus de la moyenne, de la vigueur, de la vitalité et une excellente concentration du mental. Le pranayama convient très bien aux Occidentaux.

Un yogi ne mesure pas la durée de sa vie en nombre d'années mais en nombre de respirations. Vous pouvez accumuler un certain potentiel d'énergie ou de prana, contenu dans l'air, avec chaque respiration. La capacité vitale est la plus grande quantité d'air qu'un homme puisse inspirer après la plus profonde expiration. Un homme respire quinze fois par minute, ce qui correspond à vingt et une mille six cents fois par jour.

Respiration régulière

Les hommes autant que les femmes respirent irrégulièrement. La durée de l'inspiration est différentes de celle de l'expiration. 

Mais si vous inspirez autant que vous expirez, vous aurez une respiration rythmique ( équilibrée). En pratiquant cette respiration rythmique, vous bénéficierez d'un repos véritable.

Lorsque vous maîtrisez le centre de la respiration, situé dans la moelle épinière, vous pouvez contrôler aussi les nerfs car ce centre a un certain pouvoir sur les nerfs. Celui qui a les nerfs très calmes, a aussi un mental calme.

Si votre inspiration égale votre expiration, vous respirez de façon rythmique. Si vous inspirez pendant 6 OM, expirez pendant 6 OM de la même façon. Cela s'appelle inspirer et expirer d'une manière rythmée.

Cela équilibrera tout l'organisme : le corps physique, le mental, les désirs (indriyas) et apaisera les nerfs. 

Vous ferez l'expérience d'un repos total et d'une quiétude profonde. Toutes les émotions qui bouillonnent en vous, se calmeront et les impulsions houleuses tomberont.

Vous devez vous sentir joyeux et avoir du plaisir à pratiquer. Vous ne devez jamais éprouver de tensions anormales.

Faites bien attention : conservez le rythme. Souvenez-vous que le rythme est plus important que la longueur du souffle. 

Vous devez ressentir ce rythme dans tout le corps.  Cette pratique vous rendra parfait. 

Ayez de la patience et de la persévérance.

Exercice de respiration profonde

Chaque respiration profonde (abdominale, thoracique et claviculaire) consiste à inspirer par le nez jusqu'à remplir tous les poumons et à expirer par le nez de façon régulière jusqu'à vider totalement les poumons.

Inspirez doucement aussi longtemps que vous le pouvez. Expirez doucement aussi longtemps que vous le pouvez. 

Pendant l'inspiration, observez les règles suivantes :

Gardez le dos bien droit. Ne voûtez pas le dos. Ne laissez pas tomber la tête en arrière. Tirez les épaules vers l'arrière, sans trop forcer. Gardez les épaules basses. Ne tirez pas l'abdomen trop en avant, en cambrant les reins. Placez les mains sur les cuisses. Ayez une posture détendue et confortable. Détendez l'abdomen naturellement.

Gardez les narines grandes ouvertes. Ne prenez pas votre nez pour une pompe à air. Il doit rester passif pendant l'inspiration et l'expiration. Ne produisez aucun bruit en inspirant ou en expirant. Souvenez-vous que la respiration correcte est silencieuse.

Pendant l'expiration, observez les règles suivantes :

Laissez descendre graduellement les côtes et toute la partie supérieure du corps. Relevez doucement les côtes basses et l'abdomen.

Ne vous penchez pas en avant. N'affaissez pas la poitrine. Gardez la tête, le cou et le corps en alignement et bien droits.

N'expirez pas par la bouche. Expirez très très lentement sans faire de bruit. L'expiration se produit par un simple relâchement des muscles de l'abdomen et de la poitrine. 

La poitrine redescend sous l'effet de son propre poids et rejette l'air par le nez.

Au début, ne retenez pas le souffle après l'inspiration. Dès que l'inspiration s'achève, expirez. Quand vous serez plus avancé, vous pourrez retenir le souffle pendant cinq secondes puis aller lentement jusqu'à une minute selon votre force et votre capacité.

Après avoir effectué trois cycles de respiration profonde, reposez-vous en prenant quelques respirations normales (pause respiratoire). Puis commencez le cycle suivant. Pendant la pause, gardez une position confortable : le dos droit et les mains sur les cuisses.

On fixe le nombre de cycles selon la capacité de l'étudiant.

Pratiquez trois à quatre cycles et augmentez d'un cycle par semaine. 

Extraits de "Science du Pranayama" de Swami Sivananda