Le support de                l'évolution terrestre

02/12/2018

Tout se passe toujours comme si c'était dans le corps, ça se passe toujours comme cela, depuis le sentiment qu'on va mourir, jusqu'au sentiment d'une immortalité parfaite; tout ça, c'est tout le temps dans le corps - c'est le champ de bataille, c'est le champ de victoire, c'est la Défaite, c'est le Triomphe, c'est tout. 

Alors j'ai noté l'expérience :  


Le Seigneur est la résignation paisible, 

mais le Seigneur est aussi la lutte et la Victoire.

Il est l'acceptation joyeuse de tout ce qui est; 

mais aussi l'effort constant vers une harmonie plus totale et parfaite.

Le mouvement perpétuel dans l'immobilité absolue.


Ce n'est pas une réflexion intellectuelle: c'est la notation de l'expérience. N'est-ce pas, ce double mouvement constant, d'acceptation totale de tout ce qui est comme une condition absolue pour pouvoir participer à tout ce qui sera, et en même temps, l'effort perpétuel vers une perfection plus grande. Et c'était l'expérience de toutes les cellules.

Et ça, c'est ce qui a divisé beaucoup toute la pensée spirituelle de l'humanité ou la volonté spirituelle de l'humanité. Ça paraît ne pas avoir été compris. Les uns ont déclaré, comme le Bouddha et tous ceux-là, que ce monde est incorrigible, qu'il n'y a qu'une chose à faire, c'est d'en sortir, que ça ne peut pas être autrement que c'est - ça change, mais ça change pour être la même chose. Et cela détermine une certaine attitude d'acceptation parfaite. Alors, pour eux, c'est pour en sortir - n'est-ce pas, échapper: laisser tel que c'est, échapper. Et puis les autres, qui pressentent qu'il y a une perfection vers laquelle on tend indéfiniment et qui se réalise progressivement. Et je vois de plus en plus que ce sont deux mouvements qui se complètent, et non seulement qui se complètent mais qui sont comme indispensables l'un à l'autre.


C'est-à-dire que le changement qui proviendrait d'un refus d'accepter le monde tel qu'il est n'a pas de force, n'a pas de pouvoir: 

il faut l'acceptation non seulement totale mais compréhensive, joyeuse - connaître la joie suprême dans ce qui est pour avoir (je ne parle pas de droit ni de pouvoir), 

mais pour qu'il soit possible que ça change.


Ce qui reviendrait à dire qu'il faut devenir le Suprême pour pouvoir aider à Son action, au changement du monde; il faut la Vibration suprême pour avoir la possibilité de participer à ce Mouvement, que maintenant je commence à sentir dans les cellules du corps - ce Mouvement qui est une sorte de Vibration éternelle, qui n'a ni commencement ni fin. 

Qui n'a pas commencé (la terre a commencé, alors c'est facile; avec le commencement de la terre, on a le commencement de l'histoire de la terre), mais ce n'est pas ça : ça n'a pas de commencement, c'est ... c'est quelque chose qui est de toute éternité, pour toute éternité; et il n'y a pas de division de temps, c'est seulement quand c'est projeté sur un écran que ça commence à prendre la division du temps 

Mais on ne peut pas dire une « seconde ». on ne peut pas dire un «instant » ... C'est très difficile à expliquer ... On n'a même pas le temps de le percevoir qu'il n'est déjà plus: ce quelque chose qui n'a pas de limites, qui n'a pas de commencement, qui n'a pas de fin, et qui est un Mouvement tellement total - total et constant, constant - que pour une perception, ça donne le sentiment d'une immobilité parfaite.

C'est absolument indescriptible. 

Mais c'est ça qui est l'Origine et le Support de toute l'évolution terrestre.


Extrait de l'Agenda de Mère (vol 4 - 03 mai 1963) de Satprem