Pourquoi méditer ?

30/05/2018

"Sans l'aide de la méditation, vous ne pouvez accéder à la connaissance du Soi. 
Sans son aide, vous ne pouvez atteindre l'état divin, 
ni vous libérer des entraves du mental, 
ni parvenir à l'immortalité. 
La méditation est la seule voie royale qui donne accès à la liberté. 
C'est une échelle mystérieuse qui nous mène de la terre au ciel, de l'erreur à la vérité, 
des ténèbres à la lumière, de la douleur à la béatitude, de l'agitation à la paix profonde, 
de 
l'ignorance à la connaissance. De la mortalité à l'immortalité. "
Swami Sivananda

Qui suis-je? Quel est mon but dans la vie? Pourquoi certains semblent-ils avoir une vie plus facile que d'autres? D'où viens-je et où vais-je?

Telles sont les questions classiques que presque tout le monde se pose à un moment ou à un autre de son existence. Certains luttent pendant toute leur vie pour en trouver les réponses. Certains cessent de chercher ou laissent ces questions de côté, trop pris dans la routine et les détails de la vie quotidienne. D'autres cependant découvrent les réponses et vivent une existence comblée et heureuse.

C'est en plongeant profondément, très profondément en nous-même que nous trouvons le sens de la vie. Mais, toujours distraits par nos occupations, nous nous arrêtons rarement, ne serait-ce qu'un instant dans une journée affairée, pour prêter attention à ce qui se passe en nous. Nous remarquons à peine l'agitation du mental, constamment stimulé par le bombardement des perceptions sensorielles. Très souvent, ce n'est que lorsque nous atteignons un état de grande détresse que nous réalisons qu'il est temps de s'arrêter et de faire le point sur ce qui se passe  dans notre vie.

La méditation est la pratique qui permet une constante observation du mental. Pour cela, il faut se réserver une heure et un endroit fixes avec le but spécifique de découvrir ce puits profond de sagesse qui existe en nous. 

Les mécanismes du mental

Dans sa quête du bonheur, l'homme cherche invariablement satisfaction dans les objets et les événements extérieurs. Il pense: «Si seulement je pouvais avoir cette voiture », ou « Si je parvenais à obtenir cet emploi », ou « Si je vivais en Arizona, je serais heureux », Il est vrai que le mental peut être calmé et trouver la paix un court instant en obtenant l'objet désiré, mais, tôt ou tard il se lasse de son nouveau jouet et cherche son plaisir ailleurs. Cependant, à chaque nouvelle conquête d'objets extérieurs, l'homme échoue dans sa quête du bonheur. On peut acquérir de nouveaux biens matériels, un emploi comportant plus de responsabilités, une maison à la campagne, mais le mental reste toujours le même. 

Le contentement naît de l'approche et de l'attitude que l'on a vis-à-vis du monde extérieur, et non des objets eux-mêmes. Chacun de nous passe par des périodes plus ou moins difficiles dans sa vie. Quand les obstacles de la vie sont abordés avec un mental serein, alors on vit plus heureux.

Le défi est donc de parvenir à contrôler son univers intérieur. Le mental est constamment en conversation avec lui-même, revivant les événements passés, élaborant une meilleure mise en scène, faisant des projets d'avenir et soupesant les avantages et les inconvénients de ceci et de cela. En ralentissant méthodiquement les incessants vagabondages du mental, c'est-à-dire le dialogue intérieur, et en le dirigeant vers des objets positifs, qui permettent de s'élever, on peut commencer à comprendre les mécanismes du psychisme, et mener sa vie de manière plus efficace. 

Mais le mental est comme un animal insaisissable qu'il nous faut dompter. Nombre de théories existent sur son fonctionnement ; cependant le processus mental humain semble demeurer intangible. Pourquoi nous trouvons-nous si souvent pris dans les mêmes frustrations et les mêmes problèmes? Le libre arbitre existe bien, mais seulement quand il est utilisé dans le but de rompre les habitudes prises au cours de notre vie. Nous pensons vivre dans une société libre, mais en fait, chacun de nous est lié par ses propres désirs et émotions. Voyez par exemple cet ami fumeur, conscient de la nocivité du tabac, répétant chaque jour: «Demain 

j'arrête! ». Depuis combien de temps est-il prisonnier de ce jeu? Il souhaite sincèrement se débarrasser de cette habitude mais il lui manque pour cela le nécessaire contrôle de son propre mental.

D'une certaine façon, le mental ressemble à un disque. Il est marqué de sillons ou d'impressions que l'on appelle samskaras en sanskrit. Ces samskaras se forment quand certaines ondes de pensée ou vrittis deviennent habituelles. Par exemple, une personne passe devant une pâtisserie et voit un éclair au chocolat dans la vitrine. Le vritti émerge dans son mental: «Comme c'est bon! Je vais acheter un éclair. » Si elle ignore ce vritti et dirige son mental vers autre chose, aucun sillon ne se forme dans le mental. Mais, si elle s'identifie à cette pensée, elle lui donne vie. Elle achète l'éclair, tout en se réjouissant à l'avance de le manger en dessert le soir même. Supposons maintenant que cette personne passe devant cette même pâtisserie deux fois par semaine. À chaque fois, elle se souvient de ce délicieux éclair et en achète un autre. Ce qui au départ n'était qu'une image dans le mental, est devenue une force dans sa vie; un samskara s'est formé.

Les samskaras ne sont pas forcément négatifs. Il peut y avoir dans le mental des sillons qui nous élèvent et d'autres qui nous abaissent. Le but de la méditation est précisément de créer dans le mental de nouveaux conduits positifs et d'en extirper les conduits destructeurs. Il s'agit là d'un processus absolument scientifique, qui a en même temps un but spirituel. Il ne suffit pas d'éliminer le négatif. Nous devons nous efforcer de développer l'amour, la compassion, le sens du service d'autrui, la joie, la gentillesse et toutes les autres qualités qui non seulement rendent notre vie heureuse, mais aussi rayonnent sur les autres.

Nous voulons tous être le mieux possible. Nous aimerions penser que nous sommes parfaits. Malgré des résolutions maintes fois renouvelées, nous nous trouvons souvent inférieurs à ce que nous voudrions être. Cette situation difficile est due à l'ahamkara, l'ego. Sri Shankaracharaya, un des plus grands sages de l'histoire, écrit dans le Viveka-Chuda-Mani: «Tous les malheurs viennent de notre soumission à l'ego. Les angoisses sont dues à l'ego. Les désirs sont dus à l'ego. Il n'y 
a pas de pire ennemi que l'ego. » Cet ahamkara (l'ego) est la cause de tout asservissement 
et représente l'obstacle principal à l'expérience de la Réalité intérieure.

L'ego est cet aspect du mental qui s'attribue tout à lui-même. C'est l'ego qui sépare l'individu de l'unité avec les autres et avec lui-même, puisque l'ego affirme la grandeur du petit moi. Ahamkara (l'ego) est le plus grand obstacle à la tranquillité parce qu'il occupe constamment le mental, posant sans cesse la question: « Suis-je meilleur ou pire, suis-je plus ou moins riche, plus ou moins puissant que les autres? » Il va de pair avec le désir, l'orgueil, la colère, l'illusion, l'envie, le plaisir, 
la luxure et la haine. L'ego est l'aspect du mental le plus difficile à contrôler parce, que sa nature est telle qu'il nous abuse, même lorsque l'on s'efforce de le vaincre. 
C'est la partie de l'être qui ne veut pas être contrôlée.

Par la pratique de la méditation, on devient témoin du jeu du mental. Dans les premières étapes, on ne peut que tenter de le comprendre en observant l'ego qui cherche continuellement à s'affirmer. Avec le temps, son jeu nous devient familier, nous commençons alors à lui préférer la paix du contentement. Quand l'ego est maîtrisé, les énergies peuvent alors être utilisées efficacement pour notre développement personnel et pour le service des autres

Extrait de Méditation et Mantras de Swami Vishnu-devananda